Des brumes du passé

Ils lavent leurs barques de pierre. L’hiver couvre leurs pieds de neige. Mon regard plonge dans leurs yeux d’océan qui s’écoulent sur leurs joues.

Le premier rayon de soleil lèche leurs lèvres qui s’animent d’un rictus.

Ils se sont défaits de leur tendresse. Coulée au fond du djúp. Ils ont gagné leur pain et vont retrouver leur tourbe, leur lande.

Mon regard plonge dans leurs yeux d’océan qui content leur histoire sans que ne bougent leurs lèvres. Le grand corbeau qui passe est plus bavard. Leurs barbes hirsutes, leur peau creusée de vent et de sel disent les maux que taisent leurs voix.

Un ami, un frère, un fils, ne reverra pas la lande printanière ni le pluvier doré revenu chanter le jour sans fin.

Tu sors de ta cachette d’elfe, cours vers moi et glisses tes petits doigts au creux de ma main.

Leurs yeux d’océan, leurs barbes hirsutes et leur peau creusée de vent et de sel s’évanouissent dans les brumes du passé, sur le djúp.

Un jour, tu liras leur histoire.

Photos : © Vanessa Beucher, tous droits réservés

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